L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) a rendu public, le 3 avril, une étude* sur « le marché français de l’assurance vie en 2018 ». Plus de concentration des acteurs, des supports en euros qui résistent et un rebond de la collecte ont caractérisé l’année  dernière pour ce segment de l’épargne.

Selon l’étude publiée annuellement par l’autorité de supervision, l’assurance vie a retrouvé de belles couleurs en 2018 après une année 2017 en demi-teinte avec seulement + 5 Mrds € de collecte nette. L’an dernier, la collecte nette a totalisé + 20,1 Mrds € et les prestations versées ont diminué de  - 8 % (soit près de 10 Mrds €) par rapport à 2017 pour représenter 103,3 Md€, un niveau quasiment équivalent à celui de 2016.

Côté acteurs, l’ACPR constate un renforcement de la concentration du marché de l’assurance vie à la faveur des filiales des bancassureurs. Si, en 2011, les vingt plus gros contributeurs participant à l’étude avaient collecté 85 % des primes, leur collecte représentait 89 % en 2018, ce qui fait dire à l’autorité de supervision que « cette concentration accrue de la collecte brute est notamment portée par les filiales des groupes de bancassurance français dont la part de marché dans la collecte brute a gagné 7 points entre 2011 et 2018 pour atteindre 61 % ». En outre, l’autorité de supervision a identifié deux typologies de collecte distinctes : « alors que les assureurs traditionnels se caractérisent par une collecte nette sur les supports en euros négative ou très faible, certaines filiales de groupes de bancassurance continuent de générer d’importants flux nets sur les fonds euros ».

Par rapport aux autres produits d’épargne, l’ACPR estime que la collecte de l’assurance vie s’est faite au détriment des dépôts à vue et des plans d’épargne logements, ces derniers ayant vu leur taux d’intérêt baisser de 2 % à 1,5 % le 1er février 2016. En revanche, les livrets réglementés dont le Livret A ont continué à attirer l’épargne, malgré une rémunération très faible (0,75 %) et bien inférieure au taux de l’inflation (1,8 % en 2018).

Autre constat formulé par l’ACPR : les fonds en euros ont continué d’attirer les épargnants. Si une baisse de la collecte sur ces produits avait eu cours en 2016 et 2017, il n’en a pas été de même en 2018 (+3,7 Md€ de collecte par rapport à 2017). Quant aux supports en unités de compte, leur collecte nette  a été de + 1,7 Mrd € au second semestre 2018 après deux années difficiles. Comme le détaille l’ACPR, « Les placements représentatifs des supports en UC étant pour partie investis sur des actions fluctuant en fonction de l’évolution des marchés, on observe une certaine influence des indices boursiers (CAC 40 par exemple) sur la part des UC dans la collecte brute ainsi que sur le sens des arbitrages ». Les supports en UC ont subi une inflexion de la collecte nette au second semestre 2018 (- 6,6 Mrds € par rapport au premier semestre 2018) parce que les épargnants ont arbitré à la faveur des fonds en euros, les bourses ayant accusé une baisse des cours des actions.
Geneviève Allaire

* Pour réaliser cette étude, l’ACPR a collecté les informations de 70 organismes qui représentaient, en 2017, 96 % des primes et 98 % des provisions du marché.