Le défaut d’assurance coûte cher. L’année dernière, le Fonds de Garantie des Assurances obligatoires de dommages (FGAO), dont la vocation est d’indemniser les victimes d’accidents de la circulation perpétrés par des personnes en défaut d’assurance ou non identifiées, a dépensé 119 millions d’euros en 2018. Rien que ça !

Objectif : indemniser les victimes d’accidents de la route orchestrés par des conducteurs sans assurance. Comment régler cette problématique ?

L’étude réalisée en la matière par la plate-forme Lelynx.fr a révélé que 80 % des Français sont favorables à la mise en place du FVA (Fichier des Véhicules Assurés) qui vise justement à lutter contre la conduite sans assurance. Entré en vigueur depuis le 1er janvier 2019, date à laquelle la France rejoint l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique, pays l’ayant adopté en vue de faciliter l’identification de véhicules sans assurance, le FVA est alimenté par les assureurs et les forces de l’ordre en vue de lutter plus efficacement contre les conducteurs sans assurance. Le comparateur, en synergie avec le CSA, a voulu savoir quels sont les impacts de tels dispositif sur le coût de l’assurance. Ce qui a motivé la réalisation de cette enquête.

Si l’on en croit l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 750 000 chauffeurs Français rouleraient sans assurance. Il s’agit notamment de nombreux jeunes. L’on estime que près de 60 % de responsables d’accidents roulant sans assurance sont âgés de moins de 35 ans ; et 27 % ont moins de 25 ans, selon le FGAO. Il semble que malgré le coût élevé d’un tel forfait, les responsables ne s’en offusquent guère. Ils sont 34 % des moins de 35 ans à estimer la lutte contre la conduite sans assurance comme une priorité. Rien à voir avec les plus de 50 ans pour qui ce taux monte à 75 %.

Du reste, l’étude de Lelynx.fr montre que 50 % des Français ignorent le rôle du FGAO dans l’indemnisation des victimes d’accidents provoqués par des personnes non identifiées ou non assurées. Pour lui permettre de mieux jouer son rôle face à la recrudescence du nombre d’accidents impliquant des chauffeurs sans assurance, les parlementaires ont voté un amendement indiquant que les porteurs de risques d’assurance sont appelés à augmenter leur contribution au FGAO de 33 millions d’euros, de 12 à 25 %. Une inflation, par ces temps de considérations sur le pouvoir d’achat, qui devrait être répercutée au portefeuille des assurés Français.

C’est justement pour lutter contre ces tarifs qui flambent que les pouvoirs publics ont mis sur pied Le FVA. Si 80 % des conducteurs Français y sont favorables, seuls 19 % des répondants savent que ce dispositif existe. Pourtant, beaucoup d’assureurs comptent sur cette mesure dans son potentiel à peser à la baisse sur la conduite sans assurance et ses risques.
Emmanuel Mayega