Bessé vient de publier les résultats d’une étude* sur la gestion des risques agricoles en France. Le cabinet de courtage recense « une importante diversité des besoins, des acteurs, des outils à mettre en place » sur ce plan et estime indispensable une réflexion collective pour aboutir à une protection efficace de la filière.

Catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et importantes, renforcement de la réglementation, hausse des risques sanitaires, volatilité des prix sur le marché mondial, autant d’aléas qui augmentent l’exposition des exploitants agricoles et peuvent fragiliser leur activité. Pour autant, le secteur agricole est insuffisamment protégé contre les risques, qui plus est à l’heure où les subventions agricoles sont en baisse. Tel est le constat dressé par Bessé qui liste dans ce registre les besoins des quelque 453 100 chefs d’exploitation et chefs d’entreprise agricole dénombrés en 2017 dans l’Hexagone.

Les agriculteurs sont couverts contre les pertes par des contrats socles fortement soutenus par l’Etat. Mais les franchises, de l’ordre de 25 % à 30 %, sont élevées et l’assurance intervient trop tardivement à leur gré suite à un aléa. Un Fonds de Mutualisation Sanitaire et Environnementale a été créé en 2013 pour soutenir les exploitants en cas de crise sanitaire et environnementale. Il s’avère être un dispositif efficace à travers une indemnisation rapide. De 2015 à 2018, le nombre d’exploitations agricoles qui en ont bénéficié a été multiplié par dix, passant de 1 400 à 14 000.

La loi de finances 2019 vise à encourager les agriculteurs à épargner pour faire face aux aléas via une défiscalisation mais le recours aux aides d’Etat a été réduit.  Pour limiter les risques par rapport aux prix, des contrats à termes ont été élaborés en vue de mieux garantir les agriculteurs.  Concernant les risques médiatiques consécutifs aux crises agroalimentaires, la solution consiste à renforcer la communication et la transparence de la part des agriculteurs, toujours selon l’étude de Bessé.

Le courtier considère que les agriculteurs doivent s’accoutumer à l’assurance de filière en lieu et place des subventions publiques. A son avis, elle « est pourtant une clé pertinente pour le partage des risques et [pour] permettre aux acteurs de la filière de conserver leurs capacités d’investissement et donc de rester compétitifs ».  Cependant, une pluralité d’acteurs intervient en assurance agricole qui est un frein à la pénétration de l’assurance dans le marché agricole, estime l’étude.

A propos du climat, les outils existants ne sont pas assez efficaces pour prévoir l’avenir et l’assurance climatique n’est pas éligible aux subventions. L’étude pointe que la prévention doit passer par la combinaison de plusieurs outils et l’apport de conseils.

La Politique agricole commune (PAC) a attribué une enveloppe de 600 M€ de 2015 à 2020 à la mesure de la gestion des risques et, à l’heure où la PAC doit se doter d’une nouvelle gouvernance, c’est l’occasion d’instaurer des outils pour stabiliser les revenus comme le modèle de la mutualisation des risques, propre à l’assurance.

Enfin, Bessé met en avant la nécessite d’apporter aux agriculteurs des solutions d’assurance sur mesure, plus adaptées à leurs besoins et à la diversité des productions et des différents acteurs (coopératives, industries, exploitations agricoles, etc.).
Geneviève Allaire