Une étude* menée par Malakoff Médéric et le groupe Boston Consulting, cabinet international de conseil en management, s’est penchée sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) par rapport à l’organisation du travail, la structure et la nature des emplois, et le capital humain des entreprises. En voici les principaux résultats.

On ne sera pas surpris : les dirigeants d’entreprises réservent un accueil plus favorable à l’intégration de l’IA dans ces structures que les salariés. Notamment, les trois-quarts des dirigeants estiment que l’IA aura des effets positifs sur l’organisation du travail alors que les managers et autres collaborateurs sont moins nombreux à le penser.

Pas encore entrée dans les axes stratégiques de développement…

L’étude met en avant des disparités entre les entreprises dans la volonté de se familiariser avec ce champ technologique. A ce stade, une faible proportion de dirigeants en ont fait un axe de leur stratégie de développement et les entreprises de plus de 250 salariés sont les plus avancées, les PME affichant un ‘’retard à l’allumage’’.

… malgré les nombreux avantages perçus par les dirigeants

Les dirigeants considèrent que l’IA va avant tout agir favorablement sur la performance de l’entreprise. Secondairement, ils estiment qu’avec l’IA, la prise de décision sera plus rapide et plus fiable et qu’elle sera source de progrès sur l’organisation du travail et la manière de procéder. Les effets attendus de l’IA par cette catégorie sont la réduction des risques d’erreur, la montée en compétences, une diminution des tâches dangereuses, une amélioration de l’intérêt des tâches et de la valeur ajoutée du travail et un renforcement des aspects relationnels.

Des craintes sur la perte de lien social

Néanmoins, dirigeants, managers comme salariés, tous s’accordent à penser que le développement de l’IA va dégrader l’emploi. En outre, les salariés redoutent avant tout le risque de déshumanisation du travail et de perte du lien social, là où les dirigeants y voient d’abord un renforcement des contrôles et des reportings, avant de s’inquiéter à leur tour du risque de déshumanisation et de perte du lien social.
Au plan de la santé au travail, une large proportion de dirigeants et de managers perçoivent positivement les effets de l’IA sur la santé des salariés. Ces derniers sont moins nombreux à avoir cette opinion. En revanche, tous s’accordent sur la possibilité de voir émerger de nouveaux risques psychologiques avec l’émergence de l’IA en entreprise.
Geneviève Allaire

* Etude quantitative réalisée par l’institut Harris auprès de 988 salariés, 512 cadres et 252 dirigeants entre novembre et décembre 2017 et comprenant une série d’entretiens qualitatifs menés en face à face auprès de dirigeants de grandes entreprises de secteurs variés.

 
Résultats clés de l’enquête sur les impacts de l’IA
  • L’IA va améliorer la performance de l’entreprise pour 75 % des dirigeants ; va rendre plus rapide et plus fiable la prise de décision pour 61 % d’entre eux et va améliorer l’organisation et la manière de travailler pour 64 % de cette catégorie. Sur ce chapitre, les managers sont plus mesurés tandis que les salariés sont plus réservés. 
  • 39 % des dirigeants, 28 % des managers et 34 % des salariés pensent que le développement de l’IA va dégrader l’emploi.
  • Pour 56 % des dirigeants, le premier défi concerne l’organisation du travail et la répartition des tâches entre humains et IA qui doivent être repensées (vs 37 % pour les managers et les salariés). Le second défi réside dans la formation des collaborateurs afin d’être en mesure de travailler avec l’IA (36 % vs 31 % pour les managers et 23 % pour les salariés), le troisième étant l’accompagnement de la montée en compétences des équipes (35 % pour dirigeants et managers et 33 % pour les salariés). 
  • Dans le cadre de leur entreprise, 56 % des managers estiment avoir un accompagnement suffisant par rapport à l’intégration de l’IA alors que seulement 20 % des salariés ont cet avis.  
  • Plus de 70 % des dirigeants et managers affirment être prêts à travailler avec un dispositif d’IA, contre 44 % des salariés.

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