2018 a été une année intense pour le groupe Axa, notamment en raison du rachat, annoncé en mars dernier, de l’américain XL group qui opère en assurances des entreprises et en réassurance.  Désormais appelé Axa XL, le groupe entend se focaliser sur les risques d’entreprise et les risques santé et protection sociale.

S’il est cependant trop tôt pour statuer sur les résultats de l’année écoulée, Thomas Buberl a estimé, lors d’une conférence de l’ANJA (Association nationale des journalistes spécialisés en assurance), qu’à la fin du troisième trimestre, « nous sommes parvenus à un bon équilibre entre croissance et augmentation de la profitabilité ». A propos du mouvement des gilets jaunes ayant cours actuellement en France, le directeur général du groupe Axa XL s’inquiète de « la question du tissu social, sur lequel les acteurs, du monde politique comme de l’entreprise, doivent travailler ». Selon son opinion, les entreprises peuvent y répondre en prenant des engagements à travers la formation et l’apprentissage et en soutenant ceux qui éprouvent des difficultés dans leur vie quotidienne.

A propos du rapprochement d’XL group au sein d’Axa, les dirigeants ont investi beaucoup d’énergie dans l’intégration culturelle afin que les équipes des deux groupes partagent les mêmes valeurs. L’acquisition d’XL group a nécessité d’échanger avec 60 autorités de supervision de par le monde.  Elle a séduit le groupe Axa car elle lui permet de réduire ses besoins en capital et elle apporte une plus grande diversification à travers la réassurance. Thomas Buberl ne croit pas que la réassurance alternative va poursuivre son ascension et continuer à concurrencer la réassurance traditionnelle parce qu’ « aux USA et en Asie, on voit clairement que ces investissements sont en train de décroître ».

Si Axa XL continue à être très bien positionné en France, le groupe gagne aussi des parts de marché dans le reste de l’Europe, ainsi que dans les pays matures d’Asie. Il y a aussi les pays où Axa est déjà présent mais entend renforcer ses activités comme le Mexique, le Brésil, la Chine, les Philippines, la Thaïlande et l’Indonésie. Alors qu’il en détenait déjà la moitié, le groupe a acquis les 50 % restants d’Axa Tianping en novembre afin d’accélérer sa croissance en Chine, ce qui fait de lui le premier assureur étranger en dommages de ce pays. Axa Tianping génère 1 Mrd € de primes grâce à une plateforme proposant des assurances automobiles en affaires directes (91 % de son chiffre d’affaires), ainsi que des produits d’assurance santé de courte durée. Au plan international, une nouvelle organisation, plus alignée pays par pays, a été mise en place dans le groupe. Au Nigéria, les activités d’Axa XL se développent bien. Il en est de même au Brésil où Axa vise à acquérir davantage de parts en assurance santé et en protection sociale. Sur le segment santé aux Etats-Unis, Axa XL travaille avec la start-up Oscar « selon un modèle qui fonctionne bien », estime Thomas Buberl.

Quant aux Gafa, ce n’est pas un hasard si un géant du numérique comme Google n’a pas percé sur le marché français de l’assurance, de l’avis du directeur général d’Axa XL : « Les assureurs ont une approche de la diversification des risques sans avoir en perspective de brader les tarifs ». Axa XL travaille sur l’utilisation des données de ses assurés afin que cette démarche leur bénéficie. La compagnie d’assurances devrait rapidement concrétiser des projets dans ce domaine.

Enfin, Thomas Buberl se demande si les réformes menées par le gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron vont se poursuivre au même rythme qu’au début du quinquennat après l’émergence du mouvement des gilets jaunes sur la scène politique.
Geneviève Allaire