L’assurance française futur premier marché européen après le Brexit, le ratio de solvabilité en hausse (241 % en juin 2018) pour le secteur de l’assurance et des cotisations en progression, le bilan 2018 et les perspectives sont propices pour les assureurs de l’Hexagone, selon la Fédération française de l’Assurance (FFA).

Le coût des sinistres continue cependant de croître, tous segments confondus. En habitation, la proportion de sinistres a augmenté de + 12 % en un an et de + 32 % en dix ans, les événements climatiques jouant un rôle majeur dans cette expansion. En entreprise, la hausse des sinistres est de + 7 % pour 2018 et de + 4 % sur la décennie. En auto, si les accidents continuent de diminuer (indice de 88 en 2018 sur 100 en 2010), le coût moyen des accidents corporels poursuit sa hausse (en moyenne, + 5 % par an). En France, les événements naturels ont généré un coût de 3,2 Mrds €, 2018 ayant été le théâtre d’une succession d’événements de nature différente (sécheresse, inondations, tempêtes Carmen et Eleanor), ce qui fait dire à Bernard Spitz, président de la FFA : « nous sommes entrés dans un nouveau cycle avec une régularité qui va au-delà de 3 Mrds € par an ». Autre forme de sinistralité, inédite celle-ci : le vandalisme, apparu dans la foulée des manifestations des gilets jaunes et qui se chiffre à 200 M€ (25 M€ pour les véhicules et habitations, 175 M€ de dégradations et de pertes d’exploitation pour les entreprises). En affaires directes, les cotisations des assurances de biens sont en hausse  (+ 2,9 % pour les particuliers comme les professionnels).

Concernant l’assurance de personnes, pour la première fois, la part des contrats collectifs est devenue majoritaire en complémentaire santé, si l’on s’attache aux cotisations perçues par les sociétés d’assurance en 2018. Sur ce segment, ces dernières ont grignoté des parts de marché, leurs cotisations ayant crû de + 7 % en  2018 contre + 1 % pour l’ensemble du marché. On constate une forte progression de la collecte d’assurance vie en 2018 (22,4 Mrds € collectés en 2018) après deux années où elle était en repli (8,3 Mrds en 2017 et 17 Mrds en 2016). A propos de la dépendance, « nous travaillons avec la FNMF* et le CTIP** pour essayer de répondre au grand débat […] lancé par le gouvernement », a indiqué Bernard Spitz. Les primes d‘assurance dépendance totalisent 783 M€ dont 83 % sont collectés par les assureurs.

Nombreuses sont les réformes à venir : celles du régime des catastrophes naturelles, des retraites, du 100 % Santé mais aussi le projet Pacte, le dossier sur la dépendance, la gestion du cyber risque, la révision en 2020 de Solvabilité 2 ou la correction des dérives de la LPS (libre prestation de services). A cette liste vient s’ajouter le Brexit dont les impacts sur l’assurance sont nombreux. Concernant les difficultés de l’assurance construction, suite aux défaillances d’acteurs en LPS et sur lesquelles le superviseur européen (EIOPA) est en train de travailler, « nous avons ouvert une réflexion à l’échelle d’Insurance Europe [NDLR : fédération européenne de l'assurance et de la réassurance] car d’autres marchés européens ont été également touchés, a précisé Philippe Poiget, délégué général de la FFA. Il est notamment question de responsabiliser les superviseurs nationaux sur la possibilité de contrôler les assureurs nationaux distribuant en LPS à l’étranger ».
Enfin, Bernard Spitz dont le mandat parvient à échéance en juin prochain a indiqué qu’il était prêt à ‘’rempiler’’ à la présidence de la FFA.
Geneviève Allaire

*Fédération nationale de la mutualité française
** Centre technique des institutions de prévoyance