Avec les changements induits par la technologie et la réglementation, faire face à la situation financière est le troisième grand challenge auquel est confrontée l’industrie de l’assurance. Le 23 mars, une conférence de l’Ecole Dauphine Assurance avait pour thème les taux d’intérêts et leurs conséquences possibles.
 
Se définissant comme l’addition du taux de croissance et de l’inflation à laquelle s’ajoute éventuellement une prime de risque, les taux d’intérêt ont atteint un point bas à la mi 2016, moment où l’Allemagne a même emprunté à des taux négatifs pour ses obligations d’Etat à 10 ans. Deux causes structurelles expliquent la baisse des taux d’intérêt : d’une part, une diminution du taux de croissance dans les économies développées, d’autre part, le vieillissement de la population qui contribue au déséquilibre entre l’offre et la demande d’actifs sûrs. Au plan conjoncturel s’ajoutent les politiques monétaires conventionnelles et non conventionnelles. La Banque Centrale Européenne est intervenue en rachetant massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, s’employant au Quantitative Easing afin d’éviter la déflation, ce qui a permis de sortir de la situation difficile à laquelle étaient confrontées les économies des pays de l’Union européenne. A ce jour, le taux d’intérêt de l’OAT sur 10 ans, l’obligation de l’Etat français, est autour de 1,05 % et celui du Bund, l’obligation de l’Etat allemand, se situe approximativement à 0,43 %.

L’assurance vie est la plus exposée
De tous les produits d’assurance, « l’assurance vie est le plus touché par l’environnement de taux bas. En effet, les contrats sont dotés de garanties dont l’importance et la rigidité conditionnent la sensibilité aux taux », a rappelé Arnaud Chneiweiss. ‎Le Délégué général de la Fédération Française de l'Assurance a envisagé trois scénarios possibles vis-à-vis des taux d’intérêt.
  • Le premier d’entre eux consisterait en une stagnation séculaire, avec un taux d’intérêt demeurant à 0 % ou proche, ce qui serait problématique. Il s’agirait alors de trouver une réponse aux besoins d’épargne des Français.
  • Le deuxième scénario correspond à une remontée lente et progressive des taux d’intérêt. Il laisserait le temps aux assureurs de s’adapter et leur serait favorable.
  • Troisième possibilité : une remontée rapide des taux qui pourrait poser des difficultés aux assureurs. Ceux-ci ont cependant à leur disposition des outils pour faire face à cette situation comme la diversification des portefeuilles (dans certaines zones du globe, les taux d’intérêt sont plus élevés), la gestion actif/passif qui permet de minimiser les risques tout en optimisant les performances ou encore la réduction des coûts afin d’agir contre les taux bas et la technologie permet d’atteindre cet objectif.
Selon Sandrine Lemery, première Secrétaire générale adjointe de l’Autorité de Contrôle prudentiel et de Résolution (ACPR), « un scénario avec une remontée des taux d’intérêt en douceur (croissance et inflation autour de 2 %) permettrait d’obtenir de très bons rendements des actifs. Une multitude de scénarios est très favorable. Seule, une remontée brutale des taux d’intérêt ou une absence de remontée entraîneraient des difficultés ».

Eric Lombard, Président directeur général de Generali France et Président de l’Université de l’Assurance, fait part de sa confiance en l’avenir : « contrairement aux banques, les assurances ont toujours traversé les périodes où le contexte financier était compliqué sans aucun dommage. L’un des bienfaits de ce métier, c’est de veiller à ce qu’il ait des ‘’coussins’’.  Grâce à eux, nous sommes sereins pour réagir face à la quasi-totalité des scénarios ».
 
Geneviève Allaire

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