Lors des Rencontres de l’Amrae, la question des GAFA et de l’arrivée sur le marché de l’assurance de sociétés non issues du sérail et sans complexes, amène les acteurs traditionnels à se remettre en question. Ou en tout cas à s’en poser, avec en toile de fond la question des données.

L'apparition de nouveaux acteurs mondiaux que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) a eu un impact non négligeable en matière de protection de la vie privée.

Il était intéressant, comme l'a mis en lumière le professeur Marc Bruschi, Directeur de l’Institut des Assurances d'Aix-Marseille, de noter que la protection de la vie privée n'est pas appréhendée de la même manière selon que l'on se place du point de vue américain, où elle peut faire l'objet d'un certain aménagement, notamment par le recours à des conventions ; ou du point de vue européen, qui lui octroie un caractère sacré, puisque le droit au respect de la vie privée est un droit fondamental proclamé par l'Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.

La question du recours au droit de la consommation

Aussi, à propos de l'impact des réseaux sociaux sur l'évolution de la conception et de la distribution de produits d'assurance, le rôle des assureurs et des courtiers va nécessairement évoluer.

Concernant ce point, Mélodie Leloup-Velay, Responsable de projets transversaux chez Axa Global Ré précise qu'Axa a créé de nouveaux produits, notamment pour faire face aux risques sur l'e-réputation qui revêt une importance non négligeable quand on sait l'enjeu en matière d'image que représente la réputation d'une entreprise sur un marché.

Elle ajoute aussi que l'ubérisation de l'assurance qui consisterait à faire que les assurés se couvrent entre eux dans un système de peer-to-peer (c’est-à-dire entre pairs) conduirait à ce qu'ils ne pourraient plus avoir recours au droit de la consommation puisqu'ils ne seraient plus dans un rapport B to C mais C to C.

Pour les courtiers, la différenciation par le service à valeur ajoutée

Enfin Mickaël Robart, Membre du Comité de direction IARDT et Directeur du département Risques financiers chez Siaci Saint Honoré a précisé, concernant la protection de la vie privée, que la réglementation européenne en matière de protection des données, le RGPD, avait un écho international et que les dispositions de ce règlement étaient désormais considérées comme un socle de référence de beaucoup de pays comme l'Argentine ou le Canada. Quant à la place des courtiers dans l'évolution du marché de l'assurance, il leur faudra s'adapter pour ne plus être simplement dans la gestion des contrats, mais davantage dans le développement de services aux clients.

Les données, enjeu clé…

En résumé de ces échanges, Edouard Silverio, Secrétaire Général et Directeur Juridique d’Eutelsat, et modérateur de cette table ronde, précise que de nouveaux acteurs s'appuyant sur la collecte et le traitement des données vont bousculer les acteurs traditionnels de l'assurance, et que c’est à ces derniers qu’il appartiendra de s'adapter… en citant pour exemple l'intelligence artificielle développée par Generali pour traiter un million d'e-mails en matière de gestion de sinistres.
Sofiane Bouhalli, Assistant Juridique à la CSCA

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